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Comment offrir à ses clients une approche sélective des produits structurés ?
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Clément Lemaire, Directeur Général à IRBIS , a gagné le prix ‘Personnalité de l’année 2026, Europe’ à la conférence SRP, qui s’est tenue à Londres les 17 et 18 mars.
SRP : Félicitations, Clément, pour cette victoire – vous avez gagné le prix ‘Personality of the Year, Europe 2026’ aux SRP awards cette année. Pour que nos lecteurs puissent vous connaître un peu : pouvez-vous décrire votre parcours professionnel jusqu’ici. Comment avez-vous trouvé votre chemin dans le secteur des structurés ?
Clément Lemaire.
J’ai grandi et fait mes études en école de commerce à Bordeaux. Mais j’avais également une petite particularité : je suis un ancien sportif de haut niveau en golf. J’ai failli être golfeur professionnel, puisque j’étais plusieurs fois champion de France quand j’étais plus jeune. J’ai mené un double projet pendant pas mal de temps qui était de faire du golf de haut niveau et des études.
A la fin de mes études, j’ai fait le choix de m’orienter dans la finance. C’est un secteur que je connaissais un peu mais dans lequel je n’envisageais pas forcément de travailler initialement.
J’ai donc découvert cette passion assez tard, ainsi qu’un intérêt pour la finance et plus particulièrement pour la finance de marché. J’ai décroché un premier job à Bordeaux chez un asset manager où j’ai fait l’apprentissage des marchés actions, des marchés obligataires et des marchés financiers de manière générale, ainsi que du monde de l’épargne en France. Par la suite, je me suis familiarisé avec le monde des compagnies d’assurance, les wealth managers, les banques privées, etc.
De là, je me suis intéressé assez vite aux produits structurés. J’en avais entendu parler un peu durant mes études. J’ai évolué très vite vers une première société qui était spécialisée dans les produits structurés, où j’ai travaillé deux ans.
Dans le cadre de ma profession, j’ai eu la chance de rencontrer Antoine Delon et Yves Conan, deux anciens de la Société Générale, qui avaient lancé le bureau français de Morgan Stanley. Ils avaient pour ambition de créer un broker indépendant [IRBIS]. J’ai eu la chance de croiser leur route et de m’associer à eux dans cette aventure. Nous allons fêter nos dix ans cette année.
Mon parcours au départ n’était pas axé sur l’industrie des produits structurés. Mais il a évolué au fil des rencontres, au fil des intérêts que j’ai pu avoir pour ce secteur. C’est un secteur que j’adore. Tous les matins, je me lève avec la même envie de travailler et la même énergie qu’au début.
J’ai un parcours plutôt atypique si l’on compare à d’autres personnes que vous pouvez avoir dans cette industrie, en France en tout cas, qui viennent assez souvent de Paris ou qui ont fait des écoles parisiennes. Je suis vraiment un pur produit du sud-ouest. Je faisais du golf à haut niveau, j’adore le surf, je faisais tout ce qu’on peut faire quand on habite dans le sud-ouest. Mais au final, je suis arrivé à faire ma place à Paris, où je suis depuis 12 ans.
SRP : Comment le secteur a changé depuis que vous avez commencé votre carrière ? Comment pensez-vous que le marché français va évoluer dans les prochaines années, en termes de nombres de produits émis et de volumes ?
Clément Lemaire.
En France, je constate un niveau de professionnalisation des produits structurés qui va de pair avec la connaissance des épargnants sur l’épargne.
La France est un pays qui se familiarise peu à peu à l’investissement. Les Français ont été habitués à placer leur argent sans risques, avec une liquidité quotidienne et dans des comptes bancaires traditionnels. Le fonds en euros, qui est l’actif général des compagnies d’assurance, est une spécificité française. Il n’y a aucun autre pays qui a ça.
Ce que l’on voit, c’est une amélioration de la culture financière en France qui se traduit également par un meilleur niveau de connaissances des conseillers financiers et des banquiers privés. Je vois qu’il y a plus d’épargnants qui veulent prendre du risque et qui comprennent qu’il faut investir sur du long terme. Il y a 20 ans, la génération de mes parents prenait rendez-vous dans une agence bancaire. C’était très différent.
J’ai constaté un essor extrêmement important des wealth managers en France. Ils sont plus qualifiés, et font également du conseil et de l’accompagnement des clients dans le temps. Cela permet au ‘QI épargne’ des Français d’augmenter. Tout cela favorise une meilleure compréhension par le client des marchés financiers et options d’investissement, notamment des produits structurés. Si l’on ajoute les applis qui permettent d’investir plus facilement, on a un écosystème qui favorise une compréhension plus approfondie des possibilités d’investissement.
Irbis, en tant qu’un acteur indépendant, a pour vocation de permettre une diversification du risque émetteur pour les épargnants qui investissent sur les produits structurés, et également d’assurer un meilleur conseil sur le long terme pour les distributeurs, les wealth managers et les banques privées.
Je voudrais aussi mentionner le lancement récent d’une association dont Irbis fait partie, France Produits Structurés. La vocation de cette association est de promouvoir la classe d’actifs des structurés auprès des régulateurs et des agents économiques de ce marché. Notre rôle est purement pédagogique. Nous voulons promouvoir la transparence de l’information pour les investisseurs.
De manière générale, on voit une hausse des volumes qui continue, ce qui signifie que les produits structurés continuent de croître. Nous sommes plutôt positifs sur les prochaines années.
SRP : Que pensez-vous qu’il reste à faire pour favoriser la croissance du marché des produits structurés en France ?
Clément Lemaire.
Comme je l’ai dit précédemment, on constate un niveau de connaissances qui a beaucoup progressé. Pourquoi ? Parce que dans le contexte politique et économique actuel un peu difficile, les investisseurs veulent de la visibilité et de la lisibilité. Aujourd’hui, techniquement, dans les solutions d’épargne qu’ils ont à leur disposition, il y en a peu qui offrent à la fois de la visibilité sur les scénarios de performance et une transparence sur l’ensemble des mécanismes.
Il y a également un essor assez important vers la gestion automatique, en France et globalement, donc tout ce qui est tracker, produits structurés, gestion indicielle de manière générale.
Cependant, je pense qu’il y a encore du chemin à faire. Un produit structuré est un contrat, au même titre qu’un contrat d’assurance-vie, et ce contrat sert à protéger l’investisseur sur le long terme.
La part des produits structurés va encore croître sur le marché français, puisqu’il y a tellement de stocks en fonds euros ou en livrets peu rémunérés. Au moyen terme, les épargnants vont devoir se tourner vers des solutions un peu plus dynamiques pour booster leur épargne face à l’inflation et aux taux d’intérêts.
Je pense que les produits structurés vont prendre une part importante puisqu’ils offrent cette visibilité et ce contrat entre l’investisseur et la banque émettrice au sein d’un contrat d’assurance-vie qui représente la majorité du marché en France. Les produits structurés ont quand même cette force d’offrir ce cadre d’investissement contractuel, la durée, le sous-jacent, le rendement, le risque. Ces quatre piliers vont faire que les produits structurés pourront plaire sur le long terme aux épargnants français, plus que d’investir en direct sur une action, par exemple.
SRP : Une question plus personnelle : quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux personnes qui souhaiteraient entamer une carrière dans les structurés ?
Clément Lemaire.
Il faut aimer le challenge et être motivé parce que c’est un marché qui demande beaucoup de travail au départ !
Je pense qu’il faut également choisir des sociétés où l’on a des cadres de carrière et des évolutions possibles assez clairs. Je dirais qu’il y a deux manières de faire cela. On peut travailler pour un acteur indépendant comme chez nous, ou dans une banque. Les banques sont un bon réservoir en termes de connaissances et de formation.
Mon meilleur conseil, c’est avoir de la motivation et de l’ambition. Il faut être ambitieux lorsqu’on va dans cette industrie. C’est une industrie assez concurrentielle, où il peut être plus difficile de trouver sa place.
Personnellement, j’ai un profil commercial. Il y a un niveau d’intuitu personae à avoir. La capacité d’un commercial à faire la différence par rapport à un autre est plus importante dans l’industrie des produits structurés que dans d’autres industries.
SRP : Nous avons parlé du côté professionnel. Que faites-vous pour décompresser ?
Clément Lemaire.
Comme cela a failli être mon métier, je continue à jouer au golf à très haut niveau en France. J’ai la chance aussi d’être capitaine de l’équipe première de mon club à Bordeaux, qui qui est en première division française. *
Je suis toujours licencié et joueur pour Bordeaux. Je n’ai jamais quitté mes racines.
J’essaye de beaucoup bouger et de faire plein de choses. Mais le golf et le surf, ce sont deux piliers importants pour moi.
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